Festival d’essaouira : Les femmes ont bousculé les codes de la musique gnaoua

Au festival d’Essaouira, l’artiste Asmaa Hamzaoui a brisé un tabou en jouant du guembri lors d’une cérémonie ésotérique, un rôle jusqu’à présent réservé aux hommes.

Samedi 22 juin, la soirée est déjà bien avancée à Essaouira et le vent souffle avec rudesse sur cette ville du littoral atlantique marocain. Mais la place Moulay-Hassan, au cœur de la médina, ne désemplit pas. Le public enthousiaste, quelque 200 000 personnes de tous âges massées autour de la scène principale, profite de la dernière affiche du festival Gnaoua et Musiques du monde, qui s’achève après trois jours de concerts ininterrompus. Pour la clôture, la chanteuse britannique d’origine tamoule Susheela Raman opère une fusion envoûtante avec la troupe du mâalem (grand maître) Hamid El Kasri.

Au même moment à Dar Loubane, autre cadre, autre atmosphère. Dans ce caravansérail du XVIIIe siècle, une centaine de privilégiés, initiés et invités triés sur le volet, sont transportés dans l’ambiance plus intimiste des lila, cérémonies au cours desquelles se pratiquent les rituels ésotériques de l’art tagnaouite. Au programme toute la nuit, jeu de guembri (luth à trois cordes) et de crotales, chants et danses jusqu’à la transe, sous la houlette du mâalem. Mais cette nuit, fait exceptionnel, le maître des cérémonies est accompagné d’une femme, Asmaa Hamzaoui.

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